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mes lectures

Mercredi 25 janvier 2006

Je suis une grande lectrice. Depuis toute petite, je dévore les livres, principalement des romans, de styles et d'époques variés. Dans cette rubrique, je vais vous parler de mes lectures, et, sans me prétendre critique littéraire, vous faire part de mon opinion...

Dernier livre en date : Les tribulation d'un mage en aurient (si, si, c'est écrit tel quel) de Terry Pratchett. Dix-septième tome des Annales du Disque-Monde. D'accord, ce n'est pas très logique de commencer par vous parler du dix-septième tome, mais j'ai décidé de vous parler de mes lectures au jour le jour, je vais donc commencer par là... Après tout, il n'y a pas de mal à cela, d'autant plus que tous les tomes (mis à part les deux premiers, qui forment un tout) sont indépendant les uns des autres. Le seul lien entre les romans est le monde où ils se déroulent (le fameux Disque-Monde), et certains personnages plus ou moins récurrents.

Donc, le Disque-Monde est une oeuvre de fantasy légèrement décalée, voire franchement loufoque par moments. Ou tout le temps. Une illustration ? Le monde, comme son nom l'indique, est plat, et il se promène dans l'espace sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur une tortue géante, la grande A'tuin. Le soleil tourne autour de cet édifice en suivant une course tellement torturée que l'un des éléphants est périodiquement obligé de lever une patte pour le laisser passer.

Arrivé à ce point du roman, on est généralement tenté de se poser la question suivante : mais qu'a donc bien pu fumer l'auteur pour inventer cela ?

Et l'on n'est pas au bout de ses surprises. En effet, toute la saga est du même acabit.

Voici quelques-uns des personnages que l'on peut rencontrer :

- Rincevent, un mage plus que raté qui n'a jamais réussi à lancer le moindre sortilège,

- Mémé Ciredutemps, une sorcière sans éducation pour qui la "têtologie" (entendez la psychologie) est souvent plus puissante que la magie,

- la Mort, qui, comme chacun sait, est un mâle (un mâle nécessaire, dixit l'auteur). Il a adopté une fille pour lui tenir compagnie et a même été jusqu'à prendre un apprenti...

- mais aussi un orang-outan bibliothécaire, des dieux et des déesses, un coffre de voyage monté sur des centaines de petites pattes, des fantômes, un chien qui parle, des voleurs et des assassins organisés en guildes parfaitement légales, des rois, des Trolls aux dents de diamants, le Destin, des héros barbares, et des Choses monstrueuses toutes prêtes à envahir notre réalité pour la dévorer !

Il ne faut pas non plus oublier ce qui est probablemetn le premier des personnages récurrents, le seul à apparaître dans tous les romans : la ville-Etat tentaculaire d'Ankh-Morpork, cité haute en couleurs, polluée et mal famée dans laquelle tout ce petit monde évolue et se télescope joyeusement.

 

On peut également s'amuser, en lisant ces livres, à chercher les références parodiques à des oeuvres comme Le seigneur des anneaux, de Tolkien, Dune, de Frank Herbert, ou autres... et bien sur à notre société !

 

Vous avez l'impression que je vous en raconte beaucoup ? Ne vous inquiétez pas, tout ceci ne représente qu'une infime partie de l'univers délirant créé par Terry Pratchett. Je ne dirais pas que tous les tomes de la saga sont d'une qualité égale, mais ils sont toujours originaux, drôles, surprenants. C'est d'ailleurs incroyable que l'auteur arrive à être aussi inventif après quinze romans. (Plusieurs autres ont géjà été traduits en français, mais, ne les ayant pas -encore- lus, je ne m'avancerai pas à leur sujet... mais je fais confiance à l'auteur, qui jusqu'ici ne m'a jamais déçue !)

Bref, voici un roman génial pour se détendre et passer un bon moment. Deux inconvénients tout de même : il est parfois difficile de poser le livre... et il ne faut pas avoir peur d'attirer l'attention en rigolant tout seul, le nez plongé dans son bouquin !

 

Pour ceux qui veulent s'y essayer :
Les tribulations d'un mage en Aurient, Les annales du Disque-Monde, Terry Pratchett

Et pour ceux qui voudraient commencer par le premier tome :
La huitième couleur, Les annales du Disque-Monde, Terry Pratchett

...en collection Pocket pour l'édition de poche

 

Enfin, du même auteur : Le grand livre des gnômes, roman en trois (petits) tomes qui raconte l'épopée de gnômes, vivants depuis toujours dans le Grand Magasin, et obligés de fuir vers le mythique Dehors quand ils apprennent la démolition prochaine du magasin...

Ici encore, personnages loufoques, humour (parfois noir), parodie de notre société, et en bonus... des références au livre le plus vendu au monde, la Bible !

Le roman commence d'ailleurs par ces mots :
"Au commencement, Arnold Frères (fond. 1905) créa le Grand Magasin. Et Arnold Frères (fond. 1905) vit que cela était bon..."

 

Bonne lecture !

Par kiwani
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Jeudi 9 février 2006

Ce roman raconte comment un richissime homme d'affaire décide de sauver l'espèce humaine. Pourquoi ? c'est très simple. Il connaît bien la nature humaine, le comportement des nations et des dirigeants. Et il sait que, si la deuxième guerre mondiale vient de s'achever, même si le monde entier n'aspire plus qu'à la paix, la prochaine guerre se prépare déjà... et au vu des armes nouvelles mises au point par les savants de tous les pays, elle pourrait bien sonner le glas de la vie sur Terre.

Ce n'est pas un philanthrope, ni un idéaliste. Il n'est pas convaincu que l'homme mérite d'être sauvé. Cependant, il a la possibilité de le faire... et il est probablement le seul. C'est pourquoi il va tout mettre en oeuvre pour créer, avec l'aide d'un génie scientifique, une sorte d'Arche de Noé, enfouie à des centaines de mètres sous la surface de la placète, protégée par les murs énormes, pour y sauvegarder douze hommes et douze femme, ainsi qu'un certain nombre de plantes et d'animaux, qui serviront de point de départ pour repeupler la Terre après l'apocalypse qui ne manquera pas de se produire.

 

En lisant ce livre, il faut garder en mémoire le fait qu'il a été écrit en 1948. Il est étonnant de constater à quel point l'auteur a prévu l'évolution géopolitique du monde de l'après-guerre. La guerre froide, la course à l'armement, la course à l'espace puis à la Lune, le Nouveau Franc, l'économie de marché, la fracture entre pays du Nord et pays du Sud.

Et finalement, n'importe quel prétexte pour déclarer la guerre... et la guerre par pays interposé, parce qu'un affrontement direct serait beaucoup trop dangereux pour tout le monde, étant données les armes mises en jeu.

 

L'auteur fait résonner la petite histoire par rapport à la grande, en se centrant sur l'étude du microcosme instanré, de façon parfaitement artificielle et arbitraire, dans l'Arche. Car ces humains qui représentent l'avenir de l'humanité, peut-être son seul futur possible, sont incapables de maîtriser leurs pulsions, et vont aller jusqu'à s'entre-tuer...

 

Mais, alors que cette étude aurait pu constituer le centre du roman, elle est rapidement abandonnée pour ouvrir une nouvelle page de l'Histoire, la grande : la troisième guerre mondiale a eu lieu, principalement sur les terres désertes du Groenland, et l'après-guerre est à nouveau une ère de croissance démesurée. Croissance au sens propre : les savants possèdent à présent tous les secrets de l'atome, et l'utilisent pour faire grossir les plantes et les animaux jusqu'à cent ou mille fois leur taille normale.

Et c'est là que le roman perd de sa force, dans la démesure, le gigantisme soudain, comme sortit d'un Gargantua en retard sur son temps. On ne peut s'empêcher de trouver légèrement ridicule ces roses de dix mètres de diamètre ou ces poulets de trois mètres de haut.

En parallèle, la course aux armes se poursuit, et la description consciencieuse qu'en fait l'auteur peut mettre mal à l'aise. Il fait, en effet, preuve d'une imagination débordante, d'un réalisme dérangeant, et semble parfois se complaire à décrire les effets particulièrement peu ragoûtants de telle arme révolutionnaire.

 

Le thème du roman n'est pas sans rappeler Une Rose au Paradis, du même auteur. Mais alors que, dans ce roman, on était comme porté par un souffle, enthousiasmé par le monde presque idyllique créé dans ce passé lointain, accréché aux personnages, souffant avec eux, dans le Diable l'emporte, la magie n'opère pas. On se sent très loin des personnages, distancié par le style narratif dépouillé, neutre, objectif, parle manque d'implication de l'auteur comme des personnages. En effet, ceux-ci sont presque toujours passifs, on les croirait privés de libre-arbitre. Le lecteur n'a jamais accès à leurs émotions, à leurs pensées, même à leurs paroles exactes qui sont toujours rapportées en style indirect.

Pour résumer, j'ai eu l'impression de ne pas lire l'histoire, de ne pas en faire partie, mais qu'elle m'était racontée de la façon la plus impersonnelle possible, avec un souci de neutralité qui a le double inconvénient d'éloigner les personnages et de mettre en avant les réalisations scientifiques - c'est-à-dire les armes.

 

En conclusion, je dirai que si ce roman n'est pas particulièrement désagréable à lire, il n'est pas très agréable, et il est parfois dérangeant... c'était peut-être le but de l'auteur, cependant je n'ai pu m'empêcher d'être déçue.

Par kiwani
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